La bienveillance en entreprise : utopie ou réalité ? aux Éditions Eyrolles, 2017

La bienveillance en entreprise : utopie ou réalité ?

Cet ouvrage co-écrit par Paul-Marie Chavanne et Olivier Truong tire le portrait de leaders caractériels, lunatiques, malveillants et donne des exemples d’organisations où l’individu n’a pas toute sa place pour s’épanouir. En clarifiant le concept de bienveillance, les auteurs en extraient les principes à appliquer au sein d’une entreprise et montrent le chemin à emprunter pour réinventer les relations au travail et ainsi parvenir à un terrain propice à la réussite économique et sociale.

« Aucune organisation ne garantit en soi la culture de la bienveillance mais certains principes la favorisent plus que d’autres », rappellent Paul-Marie Chavanne et Olivier Truong. La reconnaissance, le sens des actes, le principe de subsidiarité et de responsabilité, la clarté des territoires d’action des individus ou la gestion de l’émulation collective sont autant de pistes à suivre. Et comme l’évoquent si bien les co-auteurs, la bienveillance est une aventure collective qui doit s’appuyer sur un savoir-vivre et des règles de conduite :« La bienveillance, c’est davantage que de la gentillesse et de l’attention à l’autre. C’est une forme de volonté permanente pour que chacun puisse se réaliser, prendre des initiatives, développer son potentiel (…) », expliquent-ils.

Ce climat ne peut être instauré que si les leaders adoptent des comportements qui permettent cette culture de la bienveillance : agir en soutien des collaborateurs, éveiller les consciences, pratiquer la justice et le parler-vrai et promouvoir l’exemplarité. Par ailleurs, Raphaël H. Cohen, auteur, chef d’entreprise et co-directeur du DAS in Entrepreneurial Leadership à Genève, relève dans une interview : « Le défi du leader est de faire le meilleur arbitrage entre équité et bienveillance. Chacun tempère l’autre, voilà pourquoi la combinaison des deux est indispensable.»

Dans notre culture,  la bienveillance s’apparente davantage à une forme de laisser-faire, un abandon de contraintes, alors qu’elle peut être à la source de création de valeur pour les entreprises. Selon Quy Huy, professeur à l’Insead, la bienveillance a aussi un lien avec son  propre concept de « capital émotionnel de l’entreprise » qui apparaît comme un facteur clé de l’optimisation de l’environnement professionnel : « Le capital émotionnel et ses piliers sont essentiels à la performance organisationnelle car ils invitent naturellement les collaborateurs à adopter des comportements de coopération et de partage d’information, insuffisamment présents dans les entreprises. Ces piliers participent à la résistance au changement pour rendre l’organisation plus agile et plus créative », avance-t-il.

De son côté, Nathalie Roos, directrice générale de la division Produits Professionnels et membre du comité exécutif de l’Oréal,  témoigne dans sa préface : « C’est quand chacun se sent émotionnellement connecté avec l’entreprise, a l’opportunité de faire ce qu’il peut faire de mieux tous les jours, se sent respecté, responsabilisé et développé, c’est là que nous avons les meilleures performances.»

Peut-on, dans ce monde de l’entreprise globalisée, ultra-concurrentielle, « oser la Bienveillance » ? N’est-ce-pas un vœu pieu formulé par quelques idéalistes en dehors des réalités opérationnelles du monde ? En réalité, au contraire, les nombreuses enquêtes montrent que les équipes n’aspirent qu’à davantage de Bienveillance en entreprise.

Alors, êtes-vous prêt ? Suivez le guide !

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